A69 et autres sottises.
L’autoroute A69, une péripétie franco-française parmi d’autres ? Oui, mais une de trop ! Imaginée en 1994 et lancée en 2010 la A69 est censée désenclaver Castres en reliant cette ville à Toulouse. Chacun sait que Toulouse est une ville hautement industrielle et que Castres a tout à gagner en devenant sa lointaine et accessible banlieue. C’est l’avis des élus du Tarn. Ce n’est pas celui des écologistes. L’avis du contribuable comme d’habitude compte pour ballpeau. Chacun a le droit d’avoir une opinion et de la défendre selon la disputation convenue, c’est-à-dire la défendre courtoisement en se souvenant qu’il n’est pas le seul sage inspiré par Athéna. Il s’agit pour eux, les écologistes, de venger quoi qu’il en coute les arbres abattus, les terres agricoles confisquées et naturellement la biodiversité détruite.
Pourtant, la biodiversité n’attend pas les écolos pour se défendre, elle se transforme et se modifie constamment, c’est même son activité première, ce qui fait que le vivant résiste à toutes les agressions et épreuves, fussent-elles climatiques, sinon nous ne serions pas là. Bien qu’il soit prévu de replanter plus d’arbres que n’en seront coupés, c’est pas pareil répondent les scientifiques (sic) apparentés écolos qui préfèrent manifestement les vieux arbres aux jeunes. On sacralise beaucoup chez nous.
Après une guérilla (1) en rase campagne qui a vu une tribu de pseudos chimpanzés s’installer dans les arbres destinés à la coupe et la destruction d’engins de chantiers, le tribunal administratif de Toulouse vient de donner raison aux écolos contre toute logique. Car on peut de bonne foi se demander ce qui a pris au tribunal d’arrêter le chantier en l’état après avoir donné par quatre fois son agrément. Cette inflexion des décisions passées et la nouvelle interprétation qui en est donnée fait douter du bon sens des juges.
Les questions sont simples : Les élus du Tarn qui majoritairement soutiennent le projet sont-ils représentatifs de la volonté des citoyens qui les ont élus ? Ont-ils ou non suivis les conclusions des enquêtes et procédures consultatives obligatoires avant que ne débute le chantier ? Si oui et dans ce cas qui est le décideur dans ce beau coin de France ? Les juges, les écolos, les élus locaux ? Et l’Etat dans cette pétaudière a-t-il trouvé sa voie ? Notre Dame des Landes la honteuse ne lui a pas servi de leçon.
Mais entre l’Etat, les élus et les procéduriers il y a la société des « cochons de payeurs » qui a son mot à dire. La simple pensée de ces contribuables aujourd’hui outrés, aurait dû pousser l’Etat aux fesses et amener les juges à réfléchir selon la coutume qui veut qu’un bon jugement satisfasse le plus grand nombre. Nulle part ici il n’est fait mention de ce généreux contribuable qui voit ses euros jetés par la fenêtre avec ce tronçon d’autoroute achevé aux trois-quarts et qui n’aboutit nulle part. On en fera un vélo-route disent les écolos très satisfaits de la trouvaille. Pauvre de nous !
Jean-Bernard Papi ©
(1) La guérilla n’est pas forcément armée, il suffit qu’elle ait la volonté permanente de nuire.
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